đź”´ CĂ”TE D’IVOIRE | [Grève des taxis] FOFANA SoumaĂŻla (SYNTT-CI) : « On aurait pu Ă©viter ça! »

Pourtant premier pourvoyeur d'emploi du secteur privé, la profession transport reste étrangement une corporation marginalisée, livrée à l'abandon.

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Une enquête de TOURÉ VAKABA | Depuis plusieurs jours, les véhicules à usage commercial communément appelés « taxis compteurs », observent un arrêt de travail.

InterrogĂ©s, des professionnels, figures significatifs de la corporation, dĂ©noncent unanimement, l’intrusion « impunie Â» de vĂ©hicules banalisĂ©s, au service d’une entreprise logĂ©e dans le digital, surnommĂ©e « Yango Â».              

« Nous payons 43 000 FCFA d’assurance, payons les cartes de stationnement, la patente, les droits de lignes et bien d’autres obligations financières pour pouvoir librement circuler. Ce qui n’est pas le cas pour les individus sous contrat avec Yango. Ils sont tapis dans des vĂ©hicules personnels, munis d’assurance de promenades dont la valeur ne dĂ©passe mĂŞme pas 17 000 FCFA , Ă©chappant de ce fait au rĂ©gime auquel nous sommes soumis (…) Â», rappelle l’Ivoirien RaphaĂ«l Kouassi, la trentaine rĂ©volue, dĂ©nonçant un « laxisme du gouvernement Â».

«L’État ivoirien Ă  peut-ĂŞtre un projet cachet pour contrĂ´ler le secteur, et nous conduire Ă  l’abandon, car, depuis plusieurs jours que nous observons ce mouvement de grève, il n’a apportĂ© aucune rĂ©ponse saisissante. C’est dĂ©plorable Â», s’indigne le transporteur.

Bien avant les opĂ©rateurs de la filière taxi, ceux sont les conducteurs de minibus surnommĂ©s « gbakas Â» qui se bagarraient contre des « Yambolos Â», ces dĂ©linquants qui se font abusivement appelĂ©s syndicalistes et qui sèment terreur et tristesse dans le milieu des transports. Ces individus, dont le mĂ©tier semble plus vieux que la prostitution, exigent, dans une impunitĂ© absolue, d’importants numĂ©raires qui peuvent aller jusqu’à 20 000 FCFA par « gbaka Â», au nom d’un certain « droit de sol Â».

Voulant crier leur ras-le-bol, face Ă  ce terrorisme urbain, de nombreux acteurs exerçant sur le tronçon Bingerville/AdjamĂ©, ont manquĂ© de près d’y laisser leur vie, face Ă  des cohortes de voyous qui voulaient les contraindre Ă  la reprise, sous la menace d’armes blanches, de gourdins et d’autres objets contondants. Les choses vont rentrer dans l’ordre le lendemain, sans aucun intĂ©ressement notable du gouvernement, dans un flou amusant et théâtral.

Sans ĂŞtre alarmiste, on apprend Ă©galement que ce instant d’humeur des conducteurs de minibus assurant la desserve d’Abidjan Ă  Bingerville qui n’avait « pas Ă©tĂ© correctement rĂ©solu Â», pourrait s’étendre Ă  l’ensemble du grand Abidjan et de l’intĂ©rieur du pays, si les collaborateurs du chef de l’État Alassane Ouattara, restaient indĂ©finiment reclus dans leur silence.

Ajouter à ce malaise dangereux et ambiant, la montée en puissance du racket. Malgré qu’ils sont punis à chaque audience criminelles, par le parquet militaire d’Abidjan, des fonctionnaires de police et de gendarmerie, fidèlement abonnés à ce crime dégoûtant, y restent encore et curieusement intraitables.

« Il se murmure que les grandes compagnies de transports envisageraient d’observer eux Ă©galement, un arrĂŞt momentanĂ© de travail, espĂ©rant avoir une rĂ©ponse claire prĂ©cise du gouvernement Â», alerte Doumbia BoikĂ©, transporteur et propriĂ©taire d’une petite compagnie de transport desservant le sud-ouest ivoirien.

«C’est d’hommage, mais lorsque j’avais Ă©tĂ© reçu, il y a plus de trois mois par le ministre KonĂ© Mamadou en charge des transports, j’avais plantĂ© devant celui-ci les risques de mĂ©contentement des transporteurs, face Ă  l’impossibilitĂ© du gouvernement Ă  s’y impliquer vigoureusement et sĂ©rieusement pour y mettre de l’ordre. Ce jour lĂ , j’ai pensĂ© que nous travaillerions ensemble, lui Ă©tant collaborateurs du pouvoir exĂ©cutif et nous dans les rĂ´les de transporteurs, pour arriver Ă  un assainissement certain de notre corporation…Il m’avait demandĂ© de travailler Ă  unir tous les transporteurs, sans exclusive, afin de crĂ©er un cadre permanent de rĂ©flexion sur le sujet. J’avais rĂ©uni les conducteurs de tous bords Ă  mon bureau d’AdjamĂ© et avions recensĂ© les maux qui fragilisent notre secteur d’activitĂ©. Malheureusement, je fait des mains et  pieds depuis plusieurs mois, pour rendre compte au ministre KonĂ© Mamadou, en vain. Et c’est vraiment triste que nous soyons abandonnĂ©s de cette manière. On aurait pu Ă©viter ça», s’indigne FOFANA SoumaĂŻla, prĂ©sident du Syndicat national des transporteurs terrestre de CĂ´te d’Ivoire (SYNTT-CI), l’unique entitĂ© par ailleurs bĂ©nĂ©ficiaire d’un agreement Ă  agir dans ce domaine relativement vital dans la chaĂ®ne de fonctionnement du pays.

Pourquoi le ministère en charge des transports Ă©vite-t-il les organisations constituĂ©es, qui restent pourtant les interlocuteurs rĂ©els et concrets du gouvernement auprès de la profession transport ?

Qu’est ce qui explique l’abandon de cette importante activitĂ© par les diffĂ©rents rĂ©gĂ®mes en CĂ´te d’Ivoire ?

Qui a intĂ©rĂŞt Ă  voir les transporteurs vivre tout le temps dans la pauvretĂ© et le dĂ©nouement ?

Le flou, le dĂ©sordre et la chienlit profite Ă  qui au juste ?

En quoi est ce que le ministre Amadou KonĂ© en charge des transports est il utile, pour informer judicieusement le gouvernement et le prĂ©sident de la rĂ©publique, en vue de rĂ©soudre clairement et sincèrement les soucis qui se posent aux transporteurs ? Pourquoi ?  pourquoi er pourquoi ?

Autant d’interrogations qui agacent !